Chers amis et lecteurs

chien sympa

 

Billy



Mercredi 1 février 2012 3 01 /02 /Fév /2012 16:39

Il y avait un truc qui me travaillait depuis un bout de temps.

Après… après… – ah ! C’est que je ne sais jamais comment dire : je ne peux pas dire « rapport sexuel » à cause de « rapport », ce qui me fait immédiatement pensé à un rapport de flic ou d’expert en assurance ; je ne peux dire non plus « après l’amour », je trouve ça trop niais, presque sirupeux et vulgaire ; je pourrais dire autre chose, mais j’aurais peur de choquer – bref, après, donc, je me trouvais chaque fois plongée dans des abîmes de réflexion.

Il croyait que j’étais déçue ou insatisfaite ou je ne sais quoi.
Ce n’était pas ça, non, pas vraiment.

Seulement, j’aurais voulu savoir. Savoir.
Savoir ce qu’il ressentait, lui, au moment… au moment… ultime.

Vous voyez, je dis « ultime » parce que pour moi c’est un moment ultime, mais pour lui ? Comprenez bien, c’était une réflexion sans rapport avec moi, avec mes… qualités, je me demandais seulement ce que ressent un homme.
Physiquement je veux dire.
Phy-si-que-ment.


Et je me disais que jamais, jamais, je ne saurais.
Que je mourrais sans avoir jamais su.

Ce truc, qui occupe toute la vie, toute la vie amoureuse, eh bien, je ne saurais jamais à quoi il ressemble de l’autre côté. Il faudrait que je me résigne à ne jamais savoir ce qu’éprouve un homme. Il faudrait que je consente et admette que le plus important de ma vie resterait à jamais dans l’ombre, dans l’obscurité absolue de la différence, de l’altérité.
Autant dire que je ne comprendrais jamais rien de la vie.

Merde ! Ai-je dit à Billy, tu te rends compte ? Je ne saurai jamais ça.

Billy a soupiré, d’un air de dire qu’il était temps que je m’en rende compte et que lui, il savait, lui, depuis fort longtemps déjà, qu’il ne comprenait rien à moi.

 

Publié dans : Amour
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Lundi 23 janvier 2012 1 23 /01 /Jan /2012 13:49

Les classiques, dit-on parfois avec ennui.


Les classiques le sont devenus parce qu'ils ne l'ont jamais été, classiques. Ce qui fait le propre d'un classique, c'est qu'il est toujours nouveau, toujours vivant, toujours susceptible de recevoir une nouvelle sédimentation d'interprétations.

 

Mathilde Froustey (souvent nommée Mathiiiiiiilde par ses divers fans), si jolie, si vivante, si parfaite, dans l'épuisant mais merveilleux pas de cinq du très classique Suite en blanc de Lifar.

 

 

Publié dans : Danse
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Jeudi 19 janvier 2012 4 19 /01 /Jan /2012 16:36

Tu te rends compte, lui ai-dit, allongée que j’étais sur le canapé alors qu’il me massait le pied gauche, tu te rends compte ?! Il l’a draguée, il est venu la chercher, il a couché avec elle pendant trois mois ; après quoi, sa femme l’a su. Alors, il est rentré dans le rang. Elle n’a plus jamais eu de nouvelles de lui ! Non, mais ! Tu te rends compte !

- Oh oui ! m’a-t-il dit en continuant de masser mon pied gauche, oh oui ! Le pauvre !
- Le pauvre ?
- Mais oui, le pauvre. Se faire engueuler par sa femme… oh ! J’aurais fait comme lui.
- Tu aurais fait comme lui ? Ai-je répété très lentement, du moins suffisamment lentement pour me demander combien de maîtresses il avait pu avoir depuis que nous étions mariés.
- Oui, comme lui.
- Alors maman vous gronde, vous rentrez à la maison et vous êtes bien sages ?
- Qui ça « vous » ? Lui et… moi, si, d’aventure, j’avais dû… Bah, écoute, tu peux pas comprendre, t’es pas un mec, toi. Se faire engueuler par sa femme !

Je l’ai regardé jusqu’au fond, au fond du regard, et j’y ai vu… sa mère. J’ai compris qu’il avait épousé sa mère. En m’épousant, je veux dire. J’ai juré dans ma tête. Un truc du genre bordel de… enfin vous voyez. J’étais devenue ou j’allais devenir sa mère. Il était mon fils, en quelque sorte.

Il a fini de masser mon pied gauche et il a commencé le droit.
Mais le soleil tombait, fallait sortir le chien.
Je me suis levée, j’ai pris la tête de Billy entre  mes mains.
Ecoute, ai-je dit à Billy, si tu me promets que t’as oublié ta mère, je te sors sans la laisse.
Je ne sais pas s’il m’a comprise ou non, mais quand j’ai eu dit ça, il a apporté la laisse dans sa gueule. Je l’ai posée et il est retourné la chercher.

J’ai alors compris que je n’étais pas tirée d’affaire.

Publié dans : Vague à l'âme
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Dimanche 15 janvier 2012 7 15 /01 /Jan /2012 14:02

J'ai déjà parlé de lui, c'est un professeur de danse, mais c'est surtout le maître du mouvement.

 

Peu importe qu'on aime ou pas, qu'on connaisse ou pas, la danse pour écouter Wayne Byars. Il suffit de vouloir vivre avec justesse. Puisque c'est cela qu'il s'agit.

 

Le mouvement n'est pas propre à la danse, il est le propre de la vie.

 

La danse n'est jamais que l'art - au sens ancien des arts - qui s'occupe du mouvement, qui s'occupe de le comprendre - en le faisant, puisqu'on ne saurait le comprendre qu'en marchant - de le montrer quand il est juste.

Tout le travail du danseur est donc un travail de recherche de ce que peut être l'équilibre juste du mouvement - pensant que l'équilibre est dans le mouvement ou  est le mouvement lui-même, et non pas dans le repos.

 

Wayne Byars explique donc, avec cette intelligence qui lui est si propre, comment toute l'énergie, puisque c'est le maître mot, vient de la pensée et "coule" dans le corps et comment l'énergie juste, libre, ne peut pas se trouver dans la crispation du corps, mais seulement dans la direction de la pensée.

 

C'est donc un professeur de danse, au sens plein de la danse, c'est-à-dire du mouvement vital.

 

 

 

Il est à souhaiter que Wayne sera entendu ; il est à souhaiter pour les jeunes danseurs que les vieux maîtres comprennent que la danse n'est pas qu'art d'apparence, d'apparat - auquel cas elle ne serait qu'un art parmi les autres, qu'une  technique dénuée de but et de sens.

 

Si les pas ne veulent rien dire (et il en est ainsi), alors il faut qu'ils parlent d'eux-mêmes, qu'ils ne servent qu'à montrer ce qu'est un pas, un mouvement. un corps qui bouge et qui, parce qu'il bouge, est conduit à son accomplissement : être une pensée.

Publié dans : Réel
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Samedi 14 janvier 2012 6 14 /01 /Jan /2012 14:42

 

En la saison où tout meurt, où tout se quitte.
Tamara Rojo et Carlos Acosta
Publié dans : Danse
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Le coryphée...

masquecoryphee... est le chef du choeur de la tragédie antique. Il se fait quand, c'est nécessaire, porte-parole du choeur entier auprès du héros tragique,

 

... est le corps des danseurs qui tiennent la tête du corps de ballet.

spectacle juin 10 014

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